Une entreprise rentable peut manquer de trésorerie. Un gros client qui paie en retard, une échéance de TVA plus lourde que prévu, un investissement mal anticipé, et le compte passe dans le rouge. Le plan de trésorerie permet d’anticiper les creux, de préparer un investissement ou d’éviter un découvert. Voici une méthode en cinq étapes, pensée pour les dirigeants qui n’ont pas de directeur financier.
En bref
- Le plan de trésorerie prévoit les entrées et sorties d’argent mois par mois
- Il se construit en une heure et se met à jour chaque semaine
- Relier banque et facturation le rend fiable sans effort
Rentabilité et trésorerie : deux choses différentes
La rentabilité mesure ce que vous gagnez : votre chiffre d’affaires moins vos charges. La trésorerie mesure l’argent réellement disponible sur vos comptes, à un instant donné. Les deux ne vont pas toujours ensemble : une facture émise en mars mais payée en juin compte dans votre chiffre d’affaires de mars, mais n’arrive sur votre compte qu’en juin.
C’est ce décalage que le plan de trésorerie permet de maîtriser. Il ne dit pas si votre entreprise est rentable : il dit si vous aurez assez d’argent, chaque mois, pour faire face à vos dépenses.
Étape 1 : partir du solde bancaire réel
Le point de départ est le solde de vos comptes au premier jour du mois. Pas une estimation : le chiffre réel, rapproché de vos factures. Si vous avez plusieurs comptes, additionnez-les. C’est la seule donnée certaine de votre plan, alors autant qu’elle soit juste.
Étape 2 : lister les encaissements prévus
Listez tout l’argent que vous attendez, mois par mois : factures émises non encore payées, avec leur date d’échéance, factures récurrentes à venir, acomptes attendus, et éventuellement subventions, prêts ou apports. Soyez prudent : un client habituellement en retard sera payé en retard. Mieux vaut une prévision prudente qu’une bonne surprise qui n’arrive pas.
Étape 3 : lister les décaissements
Faites de même pour les sorties d’argent : fournisseurs, salaires, loyers, abonnements, remboursements d’emprunt, et surtout les échéances fiscales et sociales : TVA, cotisations, impôts. Ce sont elles qui créent les creux les plus fréquents, car elles tombent à dates fixes et pèsent souvent lourd.
Pensez aussi aux dépenses exceptionnelles : renouvellement d’un véhicule, achat de matériel, stock à constituer avant une saison haute.
Étape 4 : calculer le solde mois par mois
Solde de début de mois, plus encaissements, moins décaissements : vous obtenez le solde de fin de mois, qui devient le point de départ du mois suivant. Un creux apparaît ? Vous avez le temps de réagir.

Voici un exemple simplifié :
| Janvier | Février | Mars | Avril | |
|---|---|---|---|---|
| Solde de début | 8 000 € | 9 500 € | 7 000 € | 10 500 € |
| Encaissements | 15 000 € | 12 000 € | 18 000 € | 11 000 € |
| Décaissements | 13 500 € | 14 500 € | 14 500 € | 16 000 € |
| Solde de fin | 9 500 € | 7 000 € | 10 500 € | 5 500 € |
Dans cet exemple, avril est le mois à surveiller : les décaissements augmentent (échéance de TVA, par exemple) alors que les encaissements baissent. Le dirigeant le sait dès janvier, et peut agir.
Que faire face à un creux ?
- Accélérer les encaissements : relancer les factures en retard, demander un acompte sur les prochaines commandes
- Décaler les dépenses non urgentes : reporter un achat, étaler un investissement
- Négocier : un délai avec un fournisseur, un échéancier avec l’administration
- Anticiper un financement : en parler à votre banque ou à votre expert-comptable ou vous appuyer sur les bons outils pour gérer votre comptabilité sereinement avant que le creux n’arrive.
Étape 5 : mettre à jour chaque semaine
Un plan de trésorerie n’a de valeur que s’il est à jour. Quinze minutes par semaine suffisent pour remplacer les prévisions par le réel : les factures effectivement payées, les dépenses effectivement sorties. C’est aussi là qu’un outil fait toute la différence, en affichant automatiquement vos transactions à côté de vos factures.
| Erreur fréquente | Le bon réflexe |
|---|---|
| Oublier la TVA à reverser | La prévoir dès l’encaissement de la facture |
| Compter sur un paiement à l’échéance | Intégrer les retards habituels de chaque client |
| Tenir le plan dans un tableur séparé | Relier banque et facturation pour un suivi automatique |
| Ne regarder sa trésorerie qu’en cas de problème | Bloquer un créneau fixe chaque semaine |
| Oublier les dépenses annuelles | Les lister dès la construction du plan : assurances, cotisations, taxes |
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