Depuis le 1er septembre 2026, la facture électronique est une réalité pour toutes les entreprises françaises. Mais concrètement, qu’est-ce qui la distingue d’une facture classique ? Quelles nouvelles mentions obligatoires faut-il ajouter ? À quelle adresse vos factures arrivent-elles ? Et que signifient les statuts qui les accompagnent ? Voici l’essentiel, sans jargon.
En bref
- Une facture électronique n’est pas un PDF : c’est un fichier structuré, transmis par une Plateforme Agréée
- Chaque entreprise a une adresse de facturation électronique, construite à partir de son SIREN
- Quatre nouvelles mentions deviennent obligatoires, dont la nature de l’opération : biens, services, ou les deux
- Chaque facture suit un cycle de vie, avec des statuts comme « déposée », « refusée » ou « encaissée »
Pourquoi la facture électronique devient obligatoire
La réforme de la facturation électronique poursuit trois objectifs. D’abord, lutter contre la fraude à la TVA, en donnant à l’administration une vision plus rapide et plus fiable des échanges entre entreprises. Ensuite, faire gagner du temps aux entreprises, en supprimant la ressaisie et les envois papier. Enfin, préparer à terme le préremplissage des déclarations de TVA.
Pour une TPE ou une PME, l’enjeu est donc double : être en règle, bien sûr, mais aussi profiter de l’occasion pour moderniser sa facturation et gagner en efficacité.
Une facture électronique, c’est quoi exactement ?
Première idée reçue à oublier : un PDF envoyé par email, une photo envoyée par SMS, n’est pas une facture électronique. Au sens de la réforme, une facture électronique est un fichier dans un format structuré, c’est-à-dire que les logiciels savent lire automatiquement, sans que personne n’ait à ressaisir les montants ou les coordonnées.
Trois formats sont reconnus :
| Format | En clair |
|---|---|
| Factur‑X | Un format mixte : un PDF lisible par l’humain, avec des données structurées intégrées. Le plus courant pour les TPE et PME. |
| UBL | Un format entièrement structuré, très utilisé à l’international. |
| CII | Un autre format structuré, reconnu par la réforme. |
Deuxième différence : la facture électronique ne passe plus par votre boîte mail. Elle est transmise par une Plateforme Agréée, un opérateur immatriculé par l’administration fiscale. C’est elle qui garantit que la facture est au bon format, qu’elle arrive au bon destinataire, et que les données nécessaires remontent à l’administration.
Qui est concerné, et quand ?
| Depuis ou à partir du | Obligation | Pour qui |
|---|---|---|
| 1er septembre 2026 | Recevoir des factures électroniques | Toutes les entreprises |
| 1er septembre 2026 | Émettre des factures électroniques | Grandes entreprises et ETI |
| 1er septembre 2027 | Émettre des factures électroniques | PME, TPE et micro‑entreprises |
La facture électronique concerne les échanges entre entreprises assujetties à la TVA établies en France. Les ventes aux particuliers et les opérations internationales relèvent d’une autre obligation : l’e-reporting, qui consiste à transmettre certaines données de transaction à l’administration, sans forcément envoyer de facture électronique.
À noter : les entreprises qui réalisent des opérations exonérées de TVA, comme de nombreux professionnels de santé, doivent tout de même être en mesure de recevoir des factures électroniques de leurs fournisseurs.
Concrètement, pour une TPE ou une PME, cela signifie deux choses : dès aujourd’hui, être capable de recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs ; et d’ici septembre 2027, émettre à son tour toutes ses factures dans ce format.
Comment circule une facture électronique ?
- Vous créez votre facture dans votre outil de gestion
- Elle est transmise à votre Plateforme Agréée
- L’annuaire officiel indique sur quelle plateforme votre client reçoit ses factures
- La facture lui est transmise, et les données utiles remontent à l’administration
Votre client utilise une autre Plateforme Agréée que vous ? Aucun problème : les plateformes échangent entre elles. On parle d’interopérabilité, assurée notamment grâce au réseau PEPPOL, un standard européen d’échange de documents électroniques.
Pour vous, tout ce circuit est invisible : vous créez et envoyez votre facture comme d’habitude, et la plateforme se charge du reste. C’est aussi valable dans l’autre sens : les factures de vos fournisseurs arrivent directement dans votre outil, sans passer par votre messagerie.
L’adresse de facturation électronique : où arrivent vos factures
Pour qu’une facture électronique trouve son chemin, chaque entreprise dispose d’une adresse de facturation électronique unique, enregistrée dans l’annuaire officiel. C’est un peu l’équivalent d’une adresse postale, mais pour vos factures : elle indique sur quelle Plateforme Agréée vous les recevez.
Cette adresse est toujours construite à partir de votre numéro SIREN. Selon l’organisation de votre entreprise, elle peut être plus ou moins précise :
| Niveau d’adresse | Construit à partir de | Quand l’utiliser |
|---|---|---|
| Entreprise | Le SIREN seul | Le cas le plus courant : une entreprise, une seule adresse pour toutes ses factures |
| Établissement | Le SIREN et le SIRET d’un établissement | Vous avez plusieurs établissements (boutiques, agences, dépôts) et chacun reçoit ses propres factures |
| Service | Le SIREN, le SIRET et un code de routage | Vous voulez orienter les factures vers un service précis : achats, comptabilité, un chantier… |
| Activité | Le SIREN et un suffixe | Vous exercez plusieurs activités sous le même SIREN et voulez les séparer |
Les nouvelles mentions obligatoires
Les mentions obligatoires habituelles restent en vigueur : numéro de facture, date, identité du vendeur et du client, désignation, quantités, prix unitaire, taux et montant de TVA, date d’échéance, pénalités de retard et indemnité forfaitaire de recouvrement. La réforme en ajoute quatre.
1. Le numéro SIREN du client
Il permet d’identifier votre client sans ambiguïté, et donc de lui transmettre la facture sur la bonne plateforme, grâce à l’annuaire. Pensez à le renseigner dans chaque fiche client : c’est un réflexe à prendre dès maintenant, même avant votre obligation d’émission.
2. L’adresse de livraison, si elle est différente
Vous livrez sur un chantier ou dans un autre établissement que le siège de votre client ? L’adresse de livraison doit figurer sur la facture. Si elle est identique à l’adresse de facturation, rien à ajouter.
3. La nature de l’opération : biens, services, ou les deux
C’est la nouveauté qui soulève le plus de questions. Chaque facture doit préciser la nature de l’opération, c’est-à-dire si elle porte sur :
| Nature de l’opération | Ce que ça recouvre | Exemples |
|---|---|---|
| Livraison de biens | La vente de produits physiques | Un caviste qui vend des bouteilles, un grossiste qui livre une épicerie |
| Prestation de services | Un travail, un conseil, une intervention | Un consultant, une agence web, une mission de maintenance |
| Opération mixte | Des biens et des services sur la même facture | Un cuisiniste qui fournit les meubles et les pose, un plombier qui remplace une chaudière |
Pourquoi cette précision ? Parce que la TVA ne devient pas exigible au même moment : pour les biens, c’est en principe à la livraison ; pour les services, à l’encaissement. L’administration a besoin de le savoir pour suivre correctement la TVA.
Dans la pratique, la plupart des entreprises ont une nature d’opération dominante : un commerçant vend surtout des biens, un consultant surtout des services. La vigilance porte surtout sur les factures mixtes, fréquentes dans le bâtiment ou l’installation.
4. L’option pour la TVA sur les débits
Vous êtes prestataire de services et vous avez choisi de payer la TVA au moment de la facturation plutôt qu’à l’encaissement ? Cette option pour la TVA sur les débits doit désormais apparaître sur vos factures. Si vous ne l’avez pas choisie, vous n’avez rien à indiquer. En cas de doute, votre expert-comptable sait si votre entreprise a exercé cette option.
Les statuts : suivre la vie de chaque facture
C’est l’une des grandes nouveautés de la réforme. Une facture électronique ne part plus « dans la nature » : elle suit un cycle de vie, et chaque étape est signalée par un statut. Vous savez ainsi à tout moment où en est votre facture, sans avoir à appeler votre client.
Quatre statuts sont obligatoires :
| Statut | Ce qu’il signifie | Qui le déclenche |
|---|---|---|
| Déposée | La facture a bien été déposée sur la plateforme | La plateforme de l’émetteur |
| Rejetée | La facture ne respecte pas les règles techniques (format, mentions) | Une plateforme |
| Refusée | Le client conteste la facture et la refuse | Le destinataire |
| Encaissée | La facture a été payée | L’émetteur de la facture |
Chacun appelle une réaction différente. Une facture rejetée doit être corrigée puis renvoyée : c’est souvent une mention manquante ou un format incorrect. Une facture refusée relève d’un désaccord commercial, à régler directement avec votre client. Quant au statut encaissée, il est particulièrement important pour les prestations de services, car il sert au suivi de la TVA.
Comment vous préparer, en 4 étapes
- Vérifiez vos fiches clients : chaque client professionnel doit avoir son SIREN renseigné
- Choisissez votre Plateforme Agréée : c’est elle qui recevra et émettra vos factures
- Définissez votre adresse de facturation électronique : SIREN seul, ou adresses par établissement si besoin
- Mettez à jour vos modèles de factures avec les nouvelles mentions, notamment la nature de l’opération
Avec un outil de gestion conforme, la plupart de ces étapes sont prises en charge automatiquement. Et votre expert-comptable peut vous accompagner pour les vérifications.
Et avec MyU Gestion Financière
MyUnisoft est Plateforme Agréée par la DGFiP. Dans MyU Gestion Financière, l’émission et la réception des factures électroniques sont intégrées dès la formule gratuite MyU Gestion First UP. Les nouvelles mentions sont prévues dans vos factures, et vous suivez le statut de chacune depuis votre outil. Vous facturez comme d’habitude : le format et la transmission sont gérés pour vous. Et vos factures remontent directement à votre expert-comptable.